
Ah, vous êtes déjà fermé ?
Il est toujours difficile en 2026 d'obtenir des horaires fiables pour un commerce sans passer par Google Maps. Comment sortir de cette dépendance qui nuit à tous les acteurs sauf un ?
publié le , mis à jourRésumé de l'article : il est compliqué d'obtenir de façon fiable les horaires d'un commerce sans passer par Google : nombre de commerçants ne renseignent leurs informations plus que sur la plateforme étasunienne.
Chez Cartes.app, vous pouvez modifier les horaires de n'importe que lieu en 3 clics, et contrairement à Google, toutes les autres cartes numériques pourront en profiter.
Google Maps est devenu le maître du temps : pour trouver les horaires d'un lieu, que ce soit un restaurant, un bureau de poste ou une piscine municipale, vous aurez plus de chances d'éviter le lapin en ouvrant Google Maps.
Google Maps ou le monopole de l'annuaire
C'est devenu un réflexe pour la plupart des gens connectés. Le quasi-monopole de Google Maps a entraîné ce réflexe "monocanal" chez les commerces : à quoi bon passer 5 minutes à renseigner ses changements d'horaires chez les concurrents de Google, si peu utilisés ?
À titre d'exemple, ce supermarché pourtant créé il y a plus d'un an, est marqué comme fermé sur Apple Maps.
À gauche, Apple nous désinforme sur ce supermarché, bel et bien ouvert. Google a la copie correcte.
Dans ce cas comme dans des milliers d'autres commerces, c'est notable : la deuxième entreprise la plus riche du monde, qui a investi des dizaines de milliards d'euros dans ses Maps, échoue à nous renseigner sur un simple supermarché dans la capitale de la Bretagne. Alors imaginez la difficulté pour les acteurs français et locaux : Mappy, Viamichelin, Géovélo, Roole Map et les app de transport en commun locales, etc.
Du côté d'OpenStreetMap, le Wikipedia des cartes sur lequel repose Cartes.app ainsi que nos amis hors-ligne Comaps, les horaires de ce supermarché sont correctement renseignés... mais c'est encore loin d'être une règle générale. Tout le monde souffre de la position quasi-monopolistique de Google.
Or vous l'imaginez bien, c'est pire hors des métropoles : la densité d'une ville est souvent le meilleur prédicteur de la disponibilité des informations sur les cartes alternatives. Ainsi dans un village, il est possible de ne trouver les horaires à jour pour aucun restaurant ou boulangerie sans passer par Google.
C'est pourtant quand la première boulangerie est à 5 km que c'est le plus gênant ! Le numéro de téléphone peut permettre de les obtenir, mais à condition qu'il soit présent sur la fiche lieu et que le commerce soit... déjà ouvert pour avoir quelqu'un au bout du fil !
La concurrence est une bureaucratie
Il faut comprendre les commerçants : souvent en galère avec le numérique et avec d'autres choses à gérer que la présence numérique, renseigner les horaires de la boutique sur la plateforme dominante est pour beaucoup vu comme un strict maximum. Car à côté des horaires, il y a une multitude d'informations importantes à publier : numéro de téléphone, photos, site Web, etc.
Pire : si le commerce en question gagne bien sa vie, à quoi bon chercher d'autres clients via des plateformes alternatives ? À l'autre bout du spectre, beaucoup de commerces en manque de fréquentation sont également plus éloignés du numérique : le principe même d'un marché concurrentiel sur le sujet des horaires peut être incompris.
Rien d'étonnant : à qui profite cette duplication de bases de données d'horaires toutes incomplètes ?
Sûrement pas aux utilisateurs, contraints d'utiliser une place de marché publicitaire déguisée en (très bon) service de cartographie : Google Maps. De leur point de vue, il serait bien plus simple que les horaires des lieux soient gérés comme un monopole naturel, une seule base de données commune où tout le monde écrit, diffusée dans des centaines d'applications concurrentes, de l'application GPS au catalogue papier.
Certainement pas aux commerçants non plus : comme évoqué ci-dessus, il serait incroyablement plus simple pour eux de renseigner une fois pour toutes leurs horaires sur un site Web unique dans un format standard.

Cette photo d'une alimentation de quartier illustre le problème. Signalée ouverte jusqu'à 19h sur le point de livraison Mondial Relay, signalée ouverte sur le point de livraison Google Maps, il fallait cliquer sur l'autre point Google Maps "alimentation" 2 mètres plus loin sur la carte pour voir la fermeture décalée une heure plus tôt. Interrogé, le commerçant explique : "Ah oui je ne renseigne que Google, et Mondial Relay se met à jour mais 2 semaines plus tard."
La concurrence serait moteur d'innovation... mais quelle innovation ? Notre problème ici est simplissime : 9 fois sur 10, il s'agit simplement de donner 1 à 2 plages horaires les 7 jours de la semaine puis quelques exceptions pendant les vacances. En pratique, pour exister sur plusieurs plateformes, nombreux sont les commerçants qui font appel à des services de référencement... payants.
Il n'y a qu'un seul gagnant dans cette histoire : cette masse critique atteinte, les commerçants vont d'eux-mêmes faire le travail de la mise à jour de cette géante base de données propriétaire. Les utilisateurs quant à eux, signalent les problèmes d'horaires spontanément. Il en suffit d'un sur dix à dégainer son profil Google pour gagner des points de local guide, un petit boost d'égo au service du G de GAFAM... et par ce biais du reste des usagers connectés, mais uniquement sur Google.
Mais la puissance de Google ne s'arrête pas là : le géant est la référence non seulement pour les horaires, mais également pour visualiser l'affluence dans un lieu. Piscine, musée, bus, il peut être si pratique de se renseigner sur ces plages horaires où la structure est surchargée. Dans la plupart de ces lieux, les statistiques de Google sont très certainement les seules qui existent : les gérants vont alors dépendre de Google pour piloter la politique du lieu, par exemple pour gérer le temps de travail des salariés...

Car en effet, les services publics aussi sont en situation de dépendance aigüe au mastodonte étasunien. Il n'est pas rare de trouver des horaires erronés sur les sites officiels des institutions comme La Poste, pour voir que quelqu'un (un employé incapable de faire remonter un changement temporaire ? Un usager frustré d'être arrivé après la fermeture ?) les a corrigés sur Google Maps.
Si chaque commerce est libre de choisir un GAFAM comme unique source de données numérique pour ses horaires, il n'en va pas de même pour un service public : nous devrions pouvoir obtenir des informations si importantes sans dépendre d'une puissance étrangère, et sans au passage lui donner ce nouveau point de données sur notre vie privée.
Un horizon : le point d'accès unique
Pourtant la solution à ce problème est connue et éprouvée, sur le sujet des transports en commun : l'Union Européenne a édicté l'obligation pour chaque opérateur de transport en commun (réseau de bus, métro, ferry) de publier ses horaires sur ce qu'on appelle le PAN : le Point d'Accès Unique des données de transport.
Ces données sont publiées dans un format nommé GTFS. Ce "G", c'est celui de Google, qui a été pionnier dans la standardisation des données de transport.
Attendez, Google aurait donc une double casquette ? Monopole d'un côté, créateur de communs de l'autre ?
L'explication est simple : Google n'a pas eu besoin des autorités publiques pour s'imposer sur le sujet des horaires, car comme nous le disions plus haut, c'est très simple de renseigner les horaires d'un lieu. C'est à la portée de tout le monde, commerçant comme client.
À l'inverse, les données de transport en commun représentent des milliers de lignes sur 10 tableaux différents pour les petits réseaux, et des millions pour des réseaux comme Paris ou même Lyon.
La nécessité d'une standardisation de ces données était donc presque une évidence, du fait de leur complexité et leur ampleur.
Pour les horaires (et les numéros de téléphone), c'est si simple et tangible que... c'est le bordel, car la puissance publique ne s'en soucie pas. Et c'est ainsi qu'une carte nationale des transports en commun est bien plus facile à publier que l'horaire d'ouverture des PMU de France.
En France, nous avons pourtant un annuaire officiel des entreprises. Pour nos responsables politiques, faussement libéraux (les vrais libéraux détestent les monopoles, privés comme publics) et encore trop peu inquiets de notre soumission numérique, il semble donc plus prioritaire de publier le SIRET des boulangeries que leurs horaires. Pour leur défense, la période politique est compliquée : les Français veulent à la fois plus de services publics, moins de "taxes" et moins d'intervention de l'État...
À l'heure où les voitures autonomes ne sont plus de la science-fiction (elles roulent déjà dans les rues de Californie et de Chine, malgré le retard de l'Europe en la matière), le manque de fiabilité d'une chose aussi simple (techniquement, pas socialement) que les horaires des lieux, risque fort d'encourager la défiance des citoyens envers les institutions, publiques comme privées.
Une solution concrète dès aujourd'hui
Faute de consensus national sur le sujet, nous agissons : il est désormais possible de renseigner les horaires d'un lieu sur Cartes.app.
En trois clics, corrigez les horaires existants ou renseignez-les pour chaque jour de la semaine via une interface simple d'utilisation.
Ce qui change par rapport à Google Maps : ces données sont réutilisables partout, par tous les acteurs qui acceptent de jouer le jeu de ce commun numérique.
Vous vous demandez peut-être : Google pourra-t-il reprendre les mises à jour d'horaires faites sur Cartes.app ? Oui, mais le géant a décidé de ne pas se le permettre, pour préserver l'exclusivité de sa base à lui, qu'il juge au-dessus des autres. En d'autres termes, les licences de données sont incompatibles : l'une veut l'ouverture et le commun, l'autre l'exclusivité pour un seul acteur économique dominant.
Permettre aux commerçants et citoyens de renseigner les horaires dans une base unique et commune n'est que la première étape. Il est déjà possible d'ajouter description, site Web, numéro de téléphone et réseaux sociaux.
Par la suite, au fur et à mesure que notre audience croît, nous irons plus loin en publiant des jeux de données publics de l'affluence des lieux, qui puissent être réutilisés par tous.
Vous avez des idées pour contribuer à ces perspectives de mise en commun ? N'hésitez pas à venir contribuer sur notre forum de discussion ou à nous ✉️ contacter directement par courriel.
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